mardi 10 mars 2026

DOUALA 4 : QUAND LA JEUNESSE DÉCIDE DE PRENDRE SON DESTIN EN MAIN

REPORTAGE EXCLUSIF • DOUALA 4ᵉ

6 MARS 2026 — SAME MBAPPE HALL

Same Mbappe Hall, vendredi 6 mars 2026, 18h. Les chaises se remplissent vite. Trop vite. On s'entasse, on s'appelle, on s'installe. Ils sont près de 500, venus de tous les quartiers de Bonaberi, toutes sensibilités confondues. La plupart ont entre 21 et 35 ans, une génération formée, connectée et bien décidée à peser dans les choix qui engagent son avenir.

Dehors, la ville vaque à ses occupations. Ici, une génération décide qu'elle en a assez d'attendre.


ILS EN ONT ASSEZ D'ATTENDRE

Il y a quelque chose d'inhabituel dans l'air ce soir-là. Ce n'est pas un meeting politique ordinaire. Pas de discours convenus, pas de promesses en l'air. Ce que portent ces jeunes hommes et femmes de Douala 4, c'est une revendication claire, documentée, signée — un plaidoyer intitulé « Jeunesse, Croyons en Nous », fruit d'un long travail de concertation entre jeunes leaders du Wouri 4.

La soirée s'ouvre dans la solennité. L'hymne national résonne dans la salle. Priso Mouandjo prend le micro pour souhaiter la bienvenue. Le ton est donné : ce soir, on parle sérieusement. La forte présence féminine dans la salle n'échappe à personne — en pleine Semaine de la Femme, c'est un signal fort sur le rôle que les femmes entendent jouer dans les échéances à venir.

« CROIRE EN NOUS, C'EST TRAVAILLER POUR UN AVENIR MEILLEUR »

Harissou Hadidja, Présidente du CNJC Wouri 4, est la première à prendre la parole. Sa voix est posée, mais ses mots sont tranchants.

« Croire en nous, c'est reconnaître que nous avons du potentiel. Croire en nous, c'est valoriser nos talents et nos idées. Croire en nous, c'est travailler avec détermination pour construire un avenir meilleur. »

Elle rappelle que le Chef de l'État lui-même a placé ce septennat sous le signe de la jeunesse. Pas pour flatter. Mais pour responsabiliser. La jeunesse ne doit pas seulement attendre — elle doit se préparer, innover, s'engager. Le message est reçu cinq sur cinq dans une salle qui applaudit à tout rompre.

L'INVITÉ SURPRISE QUI A ÉLECTRISÉ LA SALLE

Personne ne l'attendait vraiment. Lobe Manga, conseiller municipal et membre du Bureau National de l'OJRDPC, confesse lui-même :

« La vérité est que je ne savais pas devoir prendre la parole ce soir. »

Mais quand le micro lui est tendu, il le saisit. Il cite Malcolm X. Il parle d'autonomie, de courage, de mobilisation. Puis il lâche cette phrase qui claque comme un verdict :

« Ce qui arrive demain, ce n'est pas l'affaire de ceux qui restent chez eux. C'est l'affaire de ceux qui se mobilisent. Et ceux qui se mobilisent, je les vois ici ce soir. »

La salle explose. Ce soir, Lobe Manga n'est pas venu faire un discours. Il est venu écouter — et ce qu'il entend lui donne de l'espoir.

TROIS OPPORTUNITÉS. UNE SEULE QUESTION : OÙ SONT LES JEUNES ?

Le Dr Soso David monte à son tour. Ton différent. Regard stratégique. Il sort les chiffres, les faits, les fenêtres d'opportunité. Le Président de la République a tracé la route : nominations dans les entreprises parapubliques, remaniements ministériels, élections municipales et législatives à venir. Trois rendez-vous. Trois chances pour la jeunesse de s'imposer.

« Quelqu'un va demander où sont les jeunes ? », lance-t-il en balayant la salle du regard. Puis, sourire en coin : « Je dirai : ils sont là, devant moi. »

Les rires fusent, les applaudissements suivent. Mais derrière la légèreté, le message est sérieux : « Les élections qui arrivent, ce sont des élections de votre décision. »

LE PLAIDOYER : TROIS MAUX, TROIS REMÈDES

Vient le moment le plus attendu. Modo Ndjana, Secrétaire de section OJRDPC Wouri 4, s'avance pour présenter le cœur de la soirée — le plaidoyer de la jeunesse de Bonaberi, élaboré en concertation avec la chargée de mission Nelly Moudoki et tous les leaders jeunes engagés pour faire basculer le destin de toute une génération.

Le diagnostic est sans complaisance. Trois maux rongent la jeunesse de Douala 4 :

  • 🔴 Des ingénieurs réduits au sous-emploi, contraints d'accepter des postes indignes de leurs compétences ;
  • 🔴 Des entrepreneurs en devenir paralysés faute de financement, malgré l'appel présidentiel à l'innovation ;
  • 🔴 Des cadres expérimentés bloqués par un plafond de verre, incapables d'accéder à des postes de responsabilité après plus de 20 ans de carrière.

Face à ces réalités, trois exigences :

  1. L'insertion socioprofessionnelle — des passerelles concrètes vers l'emploi et les stages ;
  2. L'insertion politique — une place réelle dans les instances de décision ;
  3. La promotion professionnelle — l'ouverture des postes de responsabilité à ceux qui les méritent.

Ce plaidoyer ne restera pas dans un tiroir. Dès le lendemain, il prend la route vers les plus hautes instances. Les 500 participants, désignés ambassadeurs de cette dynamique, en seront les premiers bénéficiaires.

70% DE LA POPULATION. UN BLOC. UNE FORCE.

Les chiffres donnent le vertige. La jeunesse représente 70% de la population de Douala 4. Formée. Compétente. Inscrite massivement sur les listes électorales. Un bloc électoral que plus personne ne peut se permettre d'ignore.

Ce soir, parmi les visages de cette génération engagée, on retient ceux de Moudoki Victor, Président de la sous-section OJRDPC de Ndobo, de Nelly Moudoki, chargée de mission, d'Hadjidjatou Idrissou du CNJC Wouri 4, de Frank Epale, d'Elong Vincent — et de chaque jeune compétent et formé présent dans cette salle.

AU-DELÀ DES PARTIS, UNE JEUNESSE QUI PARLE D'UNE SEULE VOIX

Le détail qui ne trompe pas : cet événement a été porté par les structures de jeunesse du RDPC. Pourtant, pas une seule fois la soirée n'a versé dans le discours partisan. Chaque intervenant a parlé à la jeunesse — toute la jeunesse — de Bonaberi. Transpartisan. Rassembleur. Décomplexé.

L'ambiance festive et les applaudissements nourris ont dit mieux que n'importe quel discours l'adhésion unanime de la salle. Et quand tous ces jeunes sont montés sur scène pour la photo de famille finale, l'image valait tous les mots : une génération debout, ensemble, décidée.

« Cette jeunesse est engagée et sera désormais prête à revendiquer ce qui lui revient de droit. »

Une phrase. Un programme. Une promesse.

Douala 4 ne demande plus. Elle exige.

Reportage réalisé le 6 mars 2026 — Same Mbappe Hall, Bonaberi, Douala 4ᵉ Arrondissement

2 commentaires:

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