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samedi 14 mars 2026

Douala 4, génération terrain : ces jeunes qui construisent leur légitimité loin des estrades

Direct Infos | Douala 4e - Politique locale

À Bonabéri, une jeunesse organisée prend ses marques. Discrètement. Méthodiquement. Sans attendre qu'on lui en donne la permission.

Par Diffo Christian | Direct Infos | 12 mars 2026

Il y a des quartiers qui fabriquent des leaders sans le savoir. Ndobo, à Bonabéri, pourrait bien en être un. Pas par hasard — par accumulation. Celle des frustrations d'abord, celle des énergies ensuite. Dans ce territoire dense et populaire, où les marchés de Bonabéri s'animent avant l'aube et où la débrouillardise est depuis longtemps une seconde nature, quelque chose se cristallise. Une jeunesse qui ne réclame plus sa place — elle la prend.

Les chiffres disent ce que les discours peinent à formuler. À Douala 4, près de 70 % de la population est jeune, selon les données démographiques locales. Ce n'est pas une statistique abstraite — c'est une reality qui recompose silencieusement les équilibres politiques locaux. Qui tient cette jeunesse tient le territoire. Les structures l'ont compris. Les appareils s'y adaptent. Et dans cette reconfiguration en cours, une nouvelle génération de profils émerge — non pas par coup d'éclat, mais par accumulation patiente de légitimité.

Dans cette constellation montante, certains noms circulent plus que d'autres. Celui de Moudoki Tchoumtchou Nelly en fait partie.

Dans les réunions locales comme dans les conversations informelles entre militants, son nom revient désormais avec une régularité qui n'a rien d'anodin. Pas encore comme une évidence politique figée, mais comme l'un de ces profils que l'on observe de plus en plus attentivement.


Il y a quelques années, dans le cadre de sa mission au sein d'une organisation humanitaire intervenant auprès de populations réfugiées à Yokadouma, dans la région de la Kadey à l'Est du Cameroun, elle observe quelque chose d'inhabituel. Parmi les bénéficiaires, beaucoup cherchaient à lui parler en dehors des heures de travail. Pas pour des démarches administratives. Pas pour des formulaires à remplir. Simplement pour parler — à elle, plutôt qu'à d'autres.

Quand on leur demande pourquoi, la réponse revient toujours la même.
"Elle nous parlait vraiment. On sentait que c'était sincère", confie l'un d'eux.

Dans un contexte où la défiance est souvent la première réaction des populations fragilisées face aux institutions, cette capacité à créer une confiance authentique n'est pas un détail de caractère. C'est une ressource politique rare.


Ce n'est pas la seule preuve de ce rapport particulier au terrain. À Ndobo, où elle est connue et reconnue, sa capacité de mobilisation a déjà fait ses preuves — réunir, coordonner, entraîner autour d'un projet concret des personnes que rien d'autre n'aurait rassemblées. Pas par l'autorité formelle. Par la confiance accumulée, quartier après quartier, conversation après conversation.

Titulaire d'un Master en sciences politiques, Moudoki Tchoumtchou Nelly a bâti son parcours à l'écart des raccourcis. Attachée parlementaire, chargée de mission, commissaire aux comptes de section — autant de postes techniques, peu spectaculaires, mais qui donnent, à qui sait les occuper, une connaissance intime des mécanismes réels du pouvoir local. La trésorerie du Conseil national de la jeunesse pour Douala 4 est venue consolider cette réputation : rigueur, suivi, capacité à faire vivre une structure dans la durée.

Ce profil tranche. À l'heure où beaucoup de jeunes leaders misent sur la visibilité comme premier levier, elle a choisi l'inverse — construire d'abord la substance. Elle connaît les femmes qui tiennent les étals des marchés de Bonabéri depuis l'aube, les jeunes diplômés qui tournent faute de réseau, les dispositifs d'appui auxquels des centaines de familles ont droit sans jamais en avoir entendu parler.

"On ne peut pas prétendre représenter des gens qu'on ne fréquente pas", dit-elle.

La phrase est simple. Elle résume une posture — et, dans le contexte politique camerounais, elle résume aussi un pari.


À Bonabéri, la question n'est plus de savoir si cette jeunesse va s'imposer dans le débat local. Elle s'impose déjà. La vraie question — celle que les appareils commencent à se poser sérieusement — est de savoir lesquels de ces visages ont la profondeur, la légitimité de terrain et la capacité de fédérer pour peser durablement sur les choix qui viennent.

Dans cette équation, Nelly n'est pas une réponse toute faite.

Mais à mesure que les équilibres politiques locaux évoluent, certains commencent déjà à considérer que son profil pourrait compter dans les dynamiques qui se dessinent pour l'avenir politique de Douala 4.

Direct Infos | Rédaction Digitale

samedi 7 février 2026

Arabie saoudite : l’interdiction de l’alcool s'assouplit pour les non-musulmans

Arabie saoudite : Fin d'un tabou de 70 ans sur l'alcool pour certains étrangers
Réforme / Vision 2030

Riyad franchit un nouveau cap historique. Pour la première fois depuis 1952, le royaume saoudien autorise l’achat et la consommation d’alcool pour certains étrangers non-musulmans, sous des conditions extrêmement strictes.

Cette décision marque la fin partielle d'une prohibition totale de plus de 70 ans. Jusqu'ici, la possession d'alcool exposait citoyens comme expatriés à de lourdes sanctions pénales. Ce virage s'inscrit dans la transformation sociale profonde portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Un cadre ultra-réglementé

L’ouverture n'est pas totale. Elle s'adresse exclusivement aux étrangers non-musulmans bénéficiant d'un statut "Premium" ou de hauts revenus. La vente s'effectue dans des points de vente contrôlés par l'État, avec des quotas stricts et une obligation de consommation dans le cadre privé.

L'Arabie saoudite face à ses voisins

Malgré cet assouplissement, Riyad reste plus restrictif que ses voisins :

  • Émirats & Bahreïn : Vente libre en hôtels et bars.
  • Qatar & Oman : Système de permis pour expatriés.
  • Turquie & Liban : Vente largement autorisée.

Le pragmatisme de la Vision 2030

Cette mesure est avant tout économique. À l'approche de l’Expo 2030 et de la Coupe du monde 2034, le royaume cherche à attirer les talents mondiaux et les investisseurs. Il s'agit de projeter l'image d'un pays moderne et accessible, capable de concurrencer Dubaï comme hub régional.

"Une ouverture pragmatique pour renforcer l'attractivité économique, sans renoncer aux fondements religieux du royaume."

Un signal fort pour l'Occident

Après le droit de conduire pour les femmes et la réouverture des cinémas, la levée partielle du tabou de l'alcool est le signal le plus fort envoyé à la communauté internationale. Riyad prouve sa volonté de réajuster ses lignes rouges pour s'adapter aux standards des grandes métropoles mondiales.

jeudi 15 janvier 2026

Japoma ouvre ses portes au public : trois jours pour découvrir un joyau des infrastructures sportives camerounaises

Japoma Diamond Days 2026 : Découvrez le Joyau Sportif du Cameroun à Douala
Événement Infrastructures

Le Complexe Sportif de Japoma s’apprête à vivre au rythme du grand public. À l’occasion des « Japoma Diamond Days », l’Office National des Infrastructures et Équipements Sportifs (ONIES) invite les citoyens à explorer ce chef-d'œuvre architectural du 06 au 08 février 2026.

Pendant trois jours consécutifs, les portes de ce complexe ultramoderne seront ouvertes gratuitement à tous. Dès 07h00, cette initiative citoyenne vise à promouvoir et valoriser les investissements massifs réalisés par l’État du Cameroun dans le domaine sportif.

Un pôle multifonctionnel au cœur de Douala

Au-delà de sa simple vocation de stade de football, le Complexe de Japoma s’affirme comme un véritable pôle multifonctionnel. Il offre des opportunités économiques, culturelles et récréatives majeures pour la ville de Douala et le pays entier. Les visiteurs pourront s'en imprégner grâce à des visites guidées gratuites organisées tout au long de l’événement.

Plus de 40 ateliers et attractions

Pour rendre cette immersion inoubliable, les « Japoma Diamond Days » déploient un programme riche et varié. Les passionnés de sensations fortes comme les familles y trouveront leur compte à travers :

  • Des expositions thématiques sur l'histoire du sport ;
  • Des courses de motos et de karting pour l'adrénaline ;
  • Un semi-marathon pour les athlètes ;
  • Un Fashion Show mettant en avant la culture locale ;
  • Des spectacles artistiques et des compétitions de jeux vidéo (E-sport).

Cette démarche de l'ONIES s'inscrit dans une volonté de démocratisation de l'accès aux infrastructures. Il s'agit de favoriser le vivre-ensemble et le bien-être collectif autour d'un patrimoine national commun.

L’ONIES appelle toutefois les futurs visiteurs à faire preuve de civisme et de responsabilité afin de préserver l'intégrité de ce site prestigieux durant ces journées festives.

lundi 12 janvier 2026

Femmes en mouvement : pourquoi de plus en plus de femmes migrent seules en Afrique centrale

Par Diffo Christian

À l’aube, dans une cour poussiéreuse de la région de l’Est du Cameroun, Clarisse, 34 ans, ajuste son sac de voyage. Elle y a rangé quelques vêtements, des documents administratifs et un carnet d’adresses soigneusement conservé. Elle laisse derrière elle deux enfants, confiés temporairement à sa sœur aînée. Destination : Douala. « Je pars seule parce que je n’ai plus d’autre solution », dit-elle, sans dramatisation. Depuis plusieurs saisons, les récoltes familiales diminuent. Les pluies arrivent tard, parfois trop tôt, parfois pas du tout. Les revenus se sont effondrés. Comme Clarisse, de plus en plus de femmes prennent aujourd’hui la route, seules, dans une région où la migration féminine autonome demeure encore largement incomprise.

Longtemps invisibilisée ou considérée comme secondaire, la migration des femmes connaît une transformation profonde en Afrique centrale. Elle n’est plus uniquement liée au regroupement familial ou aux trajectoires masculines. De plus en plus de femmes migrent de manière indépendante, pour travailler, subvenir aux besoins de leurs enfants, échapper à des situations de vulnérabilité ou s’adapter aux effets du changement climatique. Cette réalité bouscule les représentations traditionnelles de la migration et interroge les politiques publiques encore largement pensées au masculin.

Clarisse dans son nouvel environnement de Douala 

Une migration féminine en pleine évolution

Pendant longtemps, la migration a été racontée comme une affaire d’hommes. Les femmes apparaissaient dans les récits comme des épouses restées au village ou comme des accompagnatrices silencieuses. Cette lecture ne correspond plus aux dynamiques actuelles. Dans plusieurs pays d’Afrique centrale — Cameroun, Tchad, République centrafricaine, Congo — les femmes migrent désormais seules, parfois très jeunes, parfois mères de famille, souvent responsables économiques de leur foyer.

Les causes de cette évolution sont multiples et imbriquées. Sur le plan économique, la fragilisation des activités agricoles, la baisse des rendements et la hausse du coût de la vie pèsent lourdement sur les ménages ruraux. Les femmes, souvent en charge de l’agriculture vivrière et de la transformation des produits agricoles, sont parmi les premières touchées lorsque les ressources se raréfient.

À ces facteurs s’ajoutent des dimensions sociales : mariages précoces, violences domestiques, absence de perspectives professionnelles locales, mais aussi responsabilités familiales accrues. Dans de nombreux foyers, ce sont les femmes qui assurent la scolarisation des enfants, l’alimentation et les soins. Lorsque les revenus locaux ne suffisent plus, la migration devient une stratégie de survie.

« Les femmes ne partent pas par aventure », explique une travailleuse sociale basée à Ngaoundéré. « Elles partent parce qu’elles portent le poids du quotidien. »

Migrer seule : une trajectoire à risques multiples

La migration féminine autonome expose les femmes à des risques spécifiques. Sur les routes, elles peuvent être confrontées à l’insécurité, aux violences sexuelles ou à l’exploitation. À destination, l’accès à l’emploi se fait majoritairement dans le secteur informel, souvent sans protection sociale ni stabilité.

Dans les grandes villes, beaucoup trouvent du travail comme aides ménagères, vendeuses ambulantes, serveuses ou employées dans de petits commerces. Ces emplois, bien que générateurs de revenus, restent précaires et peu réglementés. Les horaires sont longs, les salaires faibles et les abus fréquents.

Pourtant, réduire ces parcours à une succession de vulnérabilités serait réducteur. Les femmes migrantes développent des stratégies d’adaptation complexes : constitution de réseaux communautaires, entraide entre femmes originaires d’une même région, partage de logements, apprentissage de nouveaux métiers ou activités génératrices de revenus.

Clarisse raconte avoir rapidement rejoint un petit groupe de femmes de son village installées à Douala. Ensemble, elles mutualisent les dépenses et s’organisent pour se soutenir. « On se conseille, on se protège, on s’aide à trouver du travail », explique-t-elle. Ces solidarités informelles jouent un rôle crucial dans la réussite relative des parcours migratoires féminins.

Une migration qui redéfinit les rôles sociaux

La migration féminine autonome transforme profondément les rapports sociaux et familiaux. En devenant les principales pourvoyeuses de revenus, certaines femmes acquièrent une nouvelle place au sein de leur famille. Elles financent la scolarité des enfants, soutiennent les parents âgés et participent aux décisions économiques.

Cette évolution n’est pas toujours bien acceptée. Le retour au village peut être marqué par des tensions, des jugements ou des résistances culturelles. Une femme qui a migré seule, gagné de l’argent et pris des décisions autonomes peut être perçue comme transgressant les normes établies.

Cependant, ces perceptions évoluent progressivement. Dans plusieurs communautés, l’apport économique des femmes migrantes est de plus en plus reconnu. Leur contribution devient essentielle à la survie des ménages, notamment dans un contexte de crise climatique et économique.

Le climat, facteur silencieux de la migration féminine

Comme pour les hommes, le changement climatique joue un rôle croissant dans les trajectoires migratoires des femmes. La dégradation des sols, l’irrégularité des pluies et l’insécurité alimentaire affectent directement les activités traditionnellement exercées par les femmes, en particulier l’agriculture vivrière.

Lorsque ces activités ne permettent plus de nourrir la famille ou de générer des revenus suffisants, la migration devient une réponse pragmatique. Elle permet de diversifier les sources de revenus et de réduire la vulnérabilité des ménages face aux chocs climatiques.

Des politiques encore insuffisamment genrées

Malgré l’ampleur croissante de la migration féminine autonome, les politiques publiques peinent à intégrer pleinement la dimension genre. Les programmes d’emploi, de formation ou de protection sociale restent souvent peu accessibles aux femmes migrantes, en particulier à celles travaillant dans le secteur informel.

Des organisations locales et des ONG tentent de combler ces lacunes en proposant des formations, un accompagnement juridique ou des espaces d’écoute. Mais ces initiatives restent limitées face à l’augmentation continue des mobilités féminines.

Changer le regard sur les femmes migrantes

Raconter la migration féminine autrement est essentiel. Ces femmes ne sont ni des victimes passives ni des figures héroïques idéalisées. Elles sont des actrices sociales qui prennent des décisions complexes dans des contextes contraints.

Tant que les inégalités économiques, sociales et climatiques persisteront, les femmes continueront de se mettre en mouvement — non par choix idéologique, mais par nécessité et responsabilité.

Quand la terre ne nourrit plus : ces jeunes Camerounais contraints de migrer à cause du changement climatique

Par Diffo Christian
Journaliste

Par un matin sec dans le département du Mayo-Rey, au nord du Cameroun, Abdoulaye, 29 ans, scrute un champ de mil devenu poussière. « Avant, on récoltait assez pour nourrir la famille et vendre un peu au marché. Aujourd’hui, la pluie ne vient plus comme avant », confie-t-il. En 2024, après trois saisons agricoles déficitaires, il a quitté son village pour tenter sa chance dans les périphéries de Garoua. Son histoire est loin d’être isolée.

Au Cameroun, comme dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne, le changement climatique redéfinit silencieusement les trajectoires de vie. Sécheresses prolongées, pluies imprévisibles, inondations soudaines et dégradation des sols fragilisent l’agriculture et l’élevage, principales sources de revenus des zones rurales. Face à cette pression croissante, de plus en plus de jeunes choisissent — ou subissent — la migration comme stratégie de survie.

L’agriculture et l’élevage en première ligne

Troupeau de boeuf


Dans les régions septentrionales du Cameroun, l’économie repose largement sur l’agriculture pluviale et l’élevage pastoral. Or, les cycles climatiques se sont profondément modifiés. Les épisodes de sécheresse sont plus fréquents et les saisons des pluies plus courtes et plus irrégulières. Résultat : des récoltes en baisse, une insécurité alimentaire accrue et une perte progressive de revenus.

Pour les éleveurs, la situation est tout aussi préoccupante. La raréfaction des pâturages et des points d’eau accentue les déplacements de bétail, parfois sur de longues distances. Ces mobilités forcées exposent les troupeaux à des maladies, augmentent les conflits entre agriculteurs et éleveurs et fragilisent des équilibres communautaires déjà précaires.

« Quand les pâturages disparaissent, on n’a pas le choix », explique Moussa, éleveur de bovins dans la région de l’Adamaoua. « Soit on perd le bétail, soit on part. » Pour de nombreux jeunes issus de familles pastorales, la migration vers les centres urbains apparaît alors comme une alternative, même incertaine.

Migrer sans quitter le pays

Contrairement aux idées reçues, la majorité de ces mobilités restent internes. Les jeunes agriculteurs et éleveurs quittent les villages pour rejoindre des villes moyennes ou des zones agricoles jugées plus favorables. Garoua, Ngaoundéré, Bertoua ou encore les périphéries de Yaoundé et Douala accueillent ainsi une population croissante de migrants climatiques internes.

Cette migration n’est pas toujours synonyme de réussite. En milieu urbain, l’accès à l’emploi est souvent précaire. Beaucoup se retrouvent dans le secteur informel, comme manœuvres, gardiens, le benskin (motocycliste) ou vendeurs ambulants. Le choc culturel et social est réel, tout comme les difficultés d’accès au logement, à la santé ou à la formation.

Abdoulaye dans sa nouvelle activité à Douala

Pourtant, ces parcours ne doivent pas être réduits à des récits d’échec. Pour certains, la mobilité devient un moyen de diversifier les sources de revenus et de soutenir les familles restées au village. « Je n’ai pas abandonné l’agriculture », insiste Abdoulaye. « J’aide mes parents avec ce que je gagne ici, et j’espère revenir si les conditions s’améliorent. »

Une migration souvent mal comprise

Le lien entre climat et migration reste encore mal compris dans le débat public. Les migrants sont parfois perçus comme des personnes en quête d’opportunités faciles, alors que leurs déplacements sont souvent le résultat de contraintes structurelles. La migration climatique n’est ni un choix purement économique ni une fuite opportuniste : elle est une réponse à la dégradation progressive des conditions de vie.

Les experts soulignent que ces mobilités doivent être analysées comme des stratégies d’adaptation, au même titre que la diversification des cultures ou l’adoption de nouvelles pratiques agricoles.

Des réponses locales encore insuffisantes

Face à ces défis, des initiatives émergent. Dans certaines régions, des projets d’agriculture résiliente au climat encouragent l’utilisation de semences améliorées, la gestion durable de l’eau ou l’agroforesterie. Toutefois, ces efforts restent insuffisants au regard de l’ampleur du phénomène.

Un phénomène régional

Le Cameroun n’est pas un cas isolé. Du Sahel au Golfe de Guinée, les effets du changement climatique sur l’agriculture et l’élevage poussent des milliers de jeunes à se déplacer, soulignant la nécessité de réponses coordonnées à l’échelle régionale.

Repenser la migration autrement

Reconnaître la migration comme une stratégie d’adaptation permet de dépasser les stéréotypes et de replacer l’humain au centre du récit. Tant que la terre ne nourrit plus, la mobilité restera, pour beaucoup de jeunes agriculteurs et éleveurs camerounais, une réponse à la crise climatique.

jeudi 26 juin 2025

LE PROPHÈTE AYUK RAYMOND AYUK, CHEVALIER DU MÉRITE CAMEROUNAIS : UNE VIE DE SERVICE ET D’IMPACT HONORÉE


Le 26 mars 2023, à l’occasion des célébrations du 10ème anniversaire du Ministère International de la Fontaine de l’Espoir, le Prophète Ayuk Raymond Ayuk recevait de ses pairs une lettre de félicitations et un tableau d’honneur, remis par le Dr Théophile Obaker. Cette distinction saluait son leadership et sa contribution significative à l’essor de l’œuvre de Dieu au Cameroun, notamment dans le cadre du mouvement pentecôtiste.

Deux ans plus tard, c’est la nation tout entière qui lui rend hommage. Le 20 mai 2025, à l’occasion de la 53ème édition de la Fête de l’Unité, le Prophète Ayuk Raymond Ayuk a été élevé au rang de chevalier de l’ordre du mérite camerounais, par décret du Chef de l’État, S.E. Paul Biya.

Cette décoration reconnaît ses actions en faveur de l’édification spirituelle du peuple, de la cohésion sociale et de l’aide aux plus vulnérables. Il s’est notamment illustré par :

  • La scolarisation d’enfants défavorisés
  • Le soutien à plusieurs orphelinats
  • L’accompagnement spirituel et psychologique des veuves

La cérémonie s’est tenue à la place de la Besseke, en présence de nombreuses personnalités, de fidèles, de sa famille et de ses enfants spirituels. Le préfet du Wouri lui a remis l’insigne sous les applaudissements nourris de l’assemblée.

« Je pense donc que nous allons faire mieux que par le passé. »

Un parcours inspirant et enraciné dans la foi

Né dans un foyer modeste, le Prophète Ayuk Raymond Ayuk accepte l’appel au salut dès l’âge de 9 ans. Il débute comme enseignant à l’école du dimanche à Mamfé, puis animateur de jeunesse à Muyuka. En 2004, il rejoint l’Institut Biblique du Plein Évangile à Bamenda, où il se distingue par des prophéties avérées.

Après ses études, il devient pasteur associé à Mamfé, où il suscite un réveil spirituel dans la région. Pendant sept ans, il exerce dans plusieurs localités : Mamfé, Kumba, Douala...

Le 2 mars 2013, il fonde le Ministère International de la Fontaine de l’Espoir, consacré par l’Apôtre Dr Emmanuel Nuhu Kure (Nigéria). Il lance aussi Eagle Flight TV (EFTV), une chaîne chrétienne diffusée par satellite à travers l’Afrique.

Un ministère qui transcende les frontières




Avec plus de 20 ans de service, le Prophète Ayuk Raymond Ayuk est devenu une figure emblématique du monde évangélique camerounais et international. Il compte des disciples dans plusieurs pays.

Sa reconnaissance dépasse le cadre religieux. Elle célèbre un homme de paix, de compassion, et de dignité humaine. Un bâtisseur de ponts, un humaniste sincère.

Son œuvre ne se limite pas aux mots : il agit par des gestes concrets de solidarité et par la transmission de l’espérance.

« Si votre foi peut prendre vie, alors tout dans votre vie peut prendre vie. »

Cette médaille consacre une vie d’engagement au service de Dieu, des autres et de la nation. Et le chemin continue…

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