mercredi 11 février 2026

Pendant que l’Afrique lance ses satellites, le Cameroun coupe le signal

Édito : Spatial africain, le Cameroun reste-t-il sur le tarmac ?
Éditorial / Tech Afrique

L’Afrique n’attend plus la permission pour entrer dans le XXIᵉ siècle. En moins de vingt ans, plus de 60 satellites africains ont été mis en orbite. Mais alors que ses voisins décollent, le Cameroun semble figé au sol.

Du Caire à Lagos, d'Alger à Pretoria, le spatial n'est plus un symbole de prestige. C'est une arme stratégique. L'Égypte bâtit sa cité spatiale, le Nigeria investit dans NigComSat depuis 20 ans, et même le Sénégal ou le Burkina Faso s'invitent dans la course. Et le Cameroun ? Silence radio.

Le satellite, nerf de la guerre numérique

La souveraineté ne se joue plus seulement aux frontières terrestres, elle se gagne en orbite. Télécommunications, Internet haut débit, observation du territoire : sans infrastructures critiques, un pays subit l'innovation au lieu de l'organiser. Au Cameroun, le coût du gigaoctet reste un luxe et la stabilité du réseau, un mirage pour les zones rurales.

Le paradoxe Starlink

Le cas Starlink est symptomatique. Là où d'autres nations intègrent et régulent ces technologies satellitaires privées, Yaoundé hésite. Résultat : une jeunesse qui contourne les blocages pour innover, tandis que l'administration freine des quatre fers.

Le prix du retard : la fuite des cerveaux

Ce retard technologique a un coût réel. Il se mesure en startups qui migrent vers Kigali ou Dakar, en talents qui s'installent en Europe et en dépendance accrue aux infrastructures étrangères. Le Cameroun semble coincé dans une logique verticale et administrative, là où le monde numérique exige agilité et vision.

"Une nation qui n’investit pas dans l’avenir choisit le déclassement. Rester au sol n'est pas une neutralité, c'est une défaite."

Génération spectatrice ?

Le problème n'est pas l'intelligence. La diaspora camerounaise regorge d'ingénieurs spatiaux et d'experts en télécoms. Le problème est politique et stratégique. Jusqu'à quand la jeunesse de Douala et Yaoundé devra-t-elle regarder ses voisins prendre de l'altitude depuis le tarmac ?

Le vrai débat commence maintenant : quelle ambition technologique pour les vingt prochaines années ? Sans stratégie spatiale claire, le Cameroun risque de devenir le spectateur passif d'une Afrique qui, elle, a déjà choisi de viser les étoiles.

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